Depuis 2010, les foyers d’Oslo trient à la source leurs déchets dans des sacs de couleurs différentes pour distinguer chaque fraction. Les sacs sont déposés dans un conteneur unique et collectés en même temps, puis séparés dans un centre de tri. Les systèmes de séparation à la source Optibag sont présents dans de nombreuses villes de de Scandinavie, mais le projet d’Oslo constitue le plus gros investissement réalisé avec cette technologie.
Il y a quelques années, lorsque la ville d’ Oslo a défini l‘audacieux objectif climatique, consistant à diviser par deux les émissions de CO2 constatées en 1990 d’ici à 2030, la collecte des déchets a été identifiée comme un défi majeur pour la réussite de cet objectif, pas simplement parce qu’un bon traitement des déchets contribue aux émissions de CO2, mais aussi parce que le tri à la source est une méthode prouvée permettant d’accroître la prise de conscience environnementale.
A l’exception des collectes séparées pour le papier, les déchets dangereux, le métal et le verre, tous les déchets ménagers étaient envoyés dans les usines d’incinération nationales de Klemetsrud et Haraldrud, ou d’autres usines en Suède. Une expansion majeure du chauffage urbain d’Oslo depuis les deux usines d’incinération des déchets était nécessaire pour atteindre l’objectif de division par deux des émissions de CO2. Il a donc été décidé d’accroître la capacité d’incinération des déchets de l’usine de Klemetsrud grâce à un troisième four et d’accélérer l’expansion du réseau de distribution de chauffage urbain Une meilleure qualité du tri selectif, particulièrement de tous les résidus alimentaires organiques, étaient nécessaires. De plus, le défi était d’arriver à l’objectif dans les quartiers existantssans ajouter, dans les jardins et les rues, de conteneurs supplémentaires.
Expérience d’autres usines Optibag
Le système d’EnvacOptibag, qui sépare à la source les déchets en sacs de couleurs différentes pour permettre une division optique à l’intérieur d’une usine de tri centralisé, est déjà opérationnel dans plusieurs lieux de Norvège et de Suède depuis plusieurs années. Le système implique le tri préalable des déchets par les habitants dans des sacs de différentes couleurs. Ceux-ci sont ensuite déposés dans un conteneur commun ou dans des vide-ordures existants, ce qui élimine le besoin d’espace de stockage supplémentaire pour chaque fraction.
Les conteneurs sont ensuite collectés de façon classique et transportés jusqu’à l’usine de tri.
Le système Optibag peut aussi être combiné avec le système de transport des déchets souterrain d’Envac, ce qui permet d’utiliser une entrée unique pour plusieurs fractions de déchets Un exemple de ce fonctionnement dans une ville du nord de la Norvège, Tromsö, se trouve dans l’Envac Concept n°2:06.
En s’appuyant sur l’expérience des sites Optibag situés ailleurs en Norvège, le système de tri optique de la ville d’Oslo a été mis en place le 1er octobre 2009, avec une étude pilote au cours de laquelle 20 000 foyers ont commencé à trier les déchets à la source en deux fractions: Les résidus alimentaires et les plastiques. Le premier déploiement auprès de 20 000 foyers a démarré en octobre 2010 et s’est poursuivi depuis à un rythme rapide.
Depuis lors, chaque mois, 20 000 nouveaux foyers reçoivent des sacs de couleurs et des éléments d’informations. Deux types de sacs sont distribués dans les foyers: des sacs bleus pour les plastiques et des sacs verts pour les résidus alimentaires organiques. Tous les autres déchets sont placés dans des sacs en plastique ordinaires ou directement dans les bennes à ordures. L’usine de séparation optique de Haraldrud sépare 30 tonnes de déchets à l’heure et a une exigence de propreté de 97 % ainsi qu’une exigence de tri de 95 %. Les sacs bleus contenant du plastique sont envoyés au recyclage du plastique tandis que les sacs verts contenant des résidus alimentaires sont actuellement transférés vers une centrale de production de bio-gaz à Vänersborg.
Une forte motivation pour le tri à la source
« Les foyers se sont montrés très motivés pour commencer à trier les déchets dans les sacs de couleur » indique Gerner Bjerkås, responsable des communications chez Energigjenvinningsetaten EGE (département de récupération de l’énergie). « La qualité varie un peu d’un secteur à l’autre. Dans certains secteurs, nous devons donner davantage d’informations. » Le service de gestion des déchets de la ville d’Oslo est tenu d‘informer le public, de distribuer les sacs de couleur et de collecter les déchets mélangés, tandis que l’EGE est chargé de la séparation et du recyclage des déchets. « Nous atteindrons la pleine capacité de 100 000 tonnes par an dans notre usine Optibag existante à Haraldrud, le 1er novembre 2011.
Au début du mois de juin 2012, l’usine Optibag suivante de Klemetsrud sera entièrement opérationnelle », explique Petter Thorbeck, chef de projet pour l’usine de tri chez EGE. L’usine de Klemetsrud aura la capacité de séparer 50 000 tonnes de déchets par an.
Du bio-gaz pour les véhicules
Dans le même temps, l’EGE construit une centrale à bio-gaz dans la municipalité de Nes. La centrale est conçue pour 50 000 tonnes par an et ne traitera que les résidus alimentaires convertis et nettoyés pour le gaz automobile et les biofertilisants. On envisage également la construction d’une centrale pour la production de bio-gaz liquide afin de faciliter la distribution.
Un bon exemple pour les autres villes du monde
Le système Optibag est un élément central du circuit de collecte des déchets de la ville d’Oslo et c’est un élément important pour atteindre les objectifs environnementaux de la ville. Aucune autre grande ville n’a investi avec autant de constance dans la séparation optique des déchets que la ville d’Oslo. De nombreuses villes au monde sont confrontées à des défis similaires, notamment le tri à la source dans des habitations existantes sans locaux de stockage de déchets supplémentaires.
Par conséquent, l’expérience de l’expansion, à grande échelle, d’Optibag pour 600 000 habitants et 340 000 foyers de la ville d’Oslo présentera un intérêt considérable pour les villes densément peuplées et soucieuses de l’environnement. « Et jusque là, tout va très bien », estime Jannicke.
Le system
Les logements et les autres utilisateurs, tels que les restaurants, boutiques, etc. reçoivent des sacs de couleur. Chaque couleur correspond à une fraction ou type de déchets différents. Par exemple, le vert est utilisé pour les résidus alimentaires, le rouge pour le papier, le jaune pour les emballages en papier, le bleu pour le plastique et l’orange pour les déchets ménagers résiduels. Tous les sacs de déchets sont déposés dans le même conteneur. Ils sont ensuite collectés par un véhicule de collecte des déchets classique et sont transportés jusqu’à l’usine Optibag.
Ils sont déversés dans des fosses de réception et transportés par un convoyeur, qui marque le début du processus de tri. Jusque là, aucun tri de sacs n’a lieu.
Une fois sur le convoyeur, les sacs sont automatiquement triés à l’aide d’une technologie de caméra qui reconnaît la couleur des sacs. Les sacs sont transportés juqu’à une zone où une caméra reconnaît la couleur des sacs . Un bras mécanique dirige alors les sacs vers un convoyeur secondaire.
Celui-ci transporte les matériaux triés jusqu’à des conteneurs, compacteurs de conteneurs, presses à balles ou autres formes de stockage.